Brice MOUNIER

PORTRAIT BRICE MOUNIER

Né en 1979.
Il vit et travaille à Valence.

L’arrière grand-père de Brice Mounier – chef-d’orchestre de profession –, était également un artiste passionné de peinture. Enfant, Brice l’observait dans son atelier, avant de l’imiter.

Malheureusement, ce feu artistique naissant va vite être étouffé par des impératifs plus terre-à-terre : “j’ai dû mettre ma passion de côté dès la fin de mes études, avant qu’elle ne revienne me hanter… Comme un boomerang” confie l’artiste. Brice Mounier a alors trente ans. Et réalise qu’on n’échappe pas à sa condition : “j’ai alors empoigné les pinceaux pour me tourner, à nouveau, vers l’acrylique. Pour me réapprendre, me réapproprier.”

L’homme égrenne aujourd’hui une œuvre où l’abstraction géométrique domine : “les déconstructions de Picasso ont beaucoup compté”. Comment, face aux lignes ainsi qu’aux trames colorées de Brice Mounier, ne pas penser aux travaux extrêmement structurés et puissants de Vassily Kandinsky, Kasimir Malevitch ou Piet Mondrian ? Et si le mouvement vient de fêter un siècle d’existence, il étonne par son éternelle jeunesse.

“La raison est simple” confie l’artiste avec malice : “rien n’est plus concret et vrai qu’une ligne ou un tracé de couleurs”. D’autant que certains tracés verticaux de Brice évoquent les coulures – très actuelles –, d’un maître américain comme Krink : “l’abstraction me permet de toucher à mes souvenirs d’enfance, aux différents mouvements de ma vie, ruptures comme belles émotions et joies. Chacune de mes compositions abstraites contient une partie de mon histoire.”

“Ces œuvres évoquent des souvenirs, des émotions, elles constituent des exutoires, où lâcher-prise et dimension aléatoire cohabitent. L’architecture, les tracés urbains et leurs aspects minimalistes occupent des places très importantes dans mon travail. La dimension ethnique compte également beaucoup, elle me permet des patchworks de composition très inspirants.”

Chez Brice Mounier, il est également question de surface : “les constructions graphiques, les compositions chromatiques, pour lesquelles Soulages et Klein ont été de fortes références d’ailleurs, sont ensuite recouvertes sous une épaisse couche de vernis. J’y vois ici une seconde peau.”

Avec les séries Venus, Born to be wild et Genesis, Brice Mounier déplace ses élans créatifs vers la figuration, libre et décentrée. La résine et le vernis polyuréthane – mis ici au service de volumes hauts en couleurs, largement inspirés de la pop culture – invoque le meilleur de la sculpture contemporaine, de Hirst en passant à Koons ou, plus proche du sud hexagonal, d’un Philippe Pasqua, dont Brice Mounier semble emboîter le pas, flanqué des mêmes audaces.

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