Claude Serrile

PORTRAIT CLAUDE SERRILE

Né en 1946.
Il vit et travaille à Marseille.

Jamais l’Art des fous n’aura été si présent. Et nécessaire.

Lorsque l’immense Jean Dubuffet (1901 – 1985) conceptualise pour la première fois le genre, en le baptisant “Art Brut”, il n’imagine pas à quel point son héritage va prendre pied dans le siècle à venir. Le maître s’apprête à présenter pour la première fois un ensemble unique de peintures, sculptures et calligraphies, toutes signées de parias, marginaux ainsi que de malades mentaux, dont il reconnaît s’être lui-même largement inspiré.

Nous sommes alors en 1945. Claude Serrile va naître un an plus tard, à Marseille.
La vingtaine passée, le jeune homme côtoie les provençaux, avant de succomber – sous l’influence des artistes présentés par la Galerie d’avant-garde Françoise Dufaure – aux charmes ainsi qu’à la puissance créative des abstraits.

“Villeglé me frappait pour son amour des matières urbaines, ses obsessions découpées et contrecollées”, confie Claude Serrile. “Basquiat, à l’inverse, symbolisait pour moi l’énergie brute, absolue, avec des œuvres capables d’effacer toutes les autres alentour. Je partage avec ces deux maîtres un amour profond de la rue.”

Toute sa vie durant, Claude n’aura de cesse d’arpenter les rues de la plus folle des villes hexagonales, à la recherche d’affiches lacérées, de cartons marqués, de graffitis “codés ou prétendant l’être” pour les revisiter, les “transformer, les empiler, repasser dessus avec de l’acrylique, des encres et même du goudron.”

L’inconscient guide les gestes de Claude Serrile : “l’agencement des masses comme le travail de composition chromatique naissent toujours de pulsions, de désirs, d’un dialogue intérieur ainsi que des sentiments, souvent très contradictoires, que j’éprouve face à la société.”

Claude Serrile aime également se décrire comme un œuvrier, un fabricant de toiles, pour qui la maîtrise d’ouvrage et la bonne facture importent autant que la dimension conceptuelle : “les papiers, cartons ou objets que j’utilise sont, la plupart du temps, d’une banalité ordinaire” explique le plasticien.
“Ce n’est que sous la main de l’artisan-artiste qu’ils se drapent alors d’une dimension esthétique, signifiante et engagée. Le mouvement entre les imports de la rue en direction de l’atelier sont majeurs.”

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